Les réunions (1/2)

20 septembre 2007

Les réunions

Elles rassemblent des personnes en un même lieu pour participer à une activité commune ou collective. Chaque réunion permet notamment le partage de connaissances et d’informations entre les participants au projet.
Leurs finalités sont les suivantes :

  • réunir les différents acteurs du projet ;
  • faire le point sur l’avancée du projet (réalisé, en cours, restant à faire) ;
  • faire le point sur le planning (avance et retard) ;
  • prendre des décisions.

Mais les réunions étant chronophages (consommatrice de temps), leur durée doit donc être réduite. Elles doivent en outre être menées dans un souci d’efficacité pour déboucher sur des actions concrètes. Dans ce cadre, il est important de vérifier l’utilité de chaque réunion. Cela peut se faire via trois questions : « en quoi cette réunion est utile ? », « qu’est-ce que j’en attends ? », « qu’est-ce que le groupe en attend ? ».

Les types de réunion

On en compte trois : la réunion d’information, celle d’échange, enfin celle de décision. La première permet de diffuser l’information entre les différents membres de l’équipe projet. Si vous en êtes l’animateur, vous devez être en position d’écoute et de sollicitation, non de décideur. La réunion d’échange, elle, a pour but de favoriser le dialogue et de recueillir les points de vue. Chaque participant exprime et justifie ses arguments. Votre mission consiste à gérer les temps de parole, les conflits, et à recentrer la discussion sur le thème de la réunion. Pour vous assurer que tous les participants ont pu s’exprimer, réalisez un tour de table en demandant à chacun de parler. Enfin, la réunion de décision vise à valider ensemble une décision comprise et acceptée par tous.
La démarche se déroule en quatre étapes :
• exposé de la situation ;
• identification des alternatives par le groupe ;
• analyse de chacune des alternatives ;
• choix d’une alternative et validation de la décision par le groupe.

Comment organiser votre réunion ?

Avant
Préparez votre réunion ! Pour qu’elle soit efficace et satisfaisante pour les participants, vous devez définir au préalable son objectif et ses modalités. Pour le premier point, demandez-vous :

• quels sont les thèmes à aborder : de quoi parle-t-on ? Et avec qui ?
• quels sont les objectifs : où veut-on arriver en fin de réunion ?
• quel est le plan ?

Conseil :
Si la réunion n’est pas utile, annulez-la ! Vous gagnerez du temps.

Selon le type de réunion et en moyenne, 70 % du temps est consacré à la préparation, 10 % à 15 % à la réunion et 15 % à 20 % au compte-rendu.

Pour ses modalités, demandez-vous, d’une part, qui participera, et, d’autre part, où et quand.

Qui participera ? Il est important de bien choisir les personnes à convier afin d’atteindre vos objectifs. Elles devront être compétentes quant au sujet de la réunion, responsables en cas de décisions à prendre, et surtout intéressées par le thème. Soyez également attentif aux relations hiérarchiques entre les participants : certaines personnes n’osent pas s’exprimer librement en raison de la présence d’autres. Ainsi, nous identifions trois types de participants : l’animateur, les participants et un(e) secrétaire. L’animateur a trois fonctions. Il doit d’abord diriger vers la production. Puis il doit réguler en facilitant les échanges, en organisant les interactions et en évitant les conflits. Enfin, il doit produire en créant les conditions de la réalisation de l’objectif.
Ainsi, l’animateur doit désigner un(e) secrétaire en début de réunion (souvent volontaire désigné) pour :
• atteindre l’objectif fixé de la réunion ;
• appliquer les outils appropriés ;
• obtenir le consensus du groupe ;
• établir un plan d’actions ;
• faciliter la communication entre les participants.

Les participants, se répartissent selon trois profils. Les badauds, venus là au gré d’une rencontre ou parce qu’ils ont du temps et de la « bonne volonté », n’ont en général pas lu la convocation ni rien préparé et sont là sans être impliqués. Les spectateurs, eux, ont lu la convocation, sont ponctuels et attendent d’être guidés par l’animateur. Quant aux personnes conviées, elles ont lu la convocation, sont ponctuelles, ont préparé la réunion, sont prêtes à l’échange et à apporter leur contribution pour faire avancer la réunion. Les participants peuvent former des groupes de plus ou moins grande taille. Un groupe de trois à neuf personnes permet d’obtenir une dynamique, de produire un travail, d’être efficace. Mais un ensemble de plus de dix personnes limite les grands échanges entre participants. L’animateur se doit d’être plus directif pour conserver la maîtrise de sa réunion. La vocation de cette réunion est de donner de l’information.

Bon à savoir
Le rôle de l’animateur est de donner sa place à chacun et d’utiliser les qualités respectives des uns et des autres.

Un(e) secrétaire constitue le troisième type de participant. Il / elle a pour mission de :
• noter les actions et débats ;
• intervenir pour faire repréciser des points obscurs ;
• rappeler à l’assemblée les décisions prises ;
• rédiger le compte-rendu.

A suivre…

Extrait du chapitre 3 du livre Manager un projet informatique, par Olivier Englender, Sophie Fernandes. Publié le 23/08/2007 aux éditions Eyrolles.

Investir dans le PMO

8 septembre 2007

On vous parle souvent de PMO ? du Project Management Office ? de la cellule de pilotage projet ? Vous en avez compris que c’était tout juste un groupe de personne qui contrôle les chefs de projet en terme de budget, délai et respect des divers autres processus mis en place par l’organisation pour sa gestion de projet. Mon expérience bien française de la chose me pousse, en pratique, à dire la même chose ! Preuves à l’appui, voila que débarque la Police Projet ! 22 v’la le PMO ! Planquez-tout : les mafieux avaient des livres noirs pour la comptabilité, nous avons tous notre planning noir aussi ! Alors effet de mode ? Tentative désespérée de la direction de reprendre le contrôle sur un domaine informatique qu’elle ne comprend pas ? Mauvaise application des best practices ? Oui ! Oui ! et re-Oui ! Et surtout pour la dernière proposition. Les structures projets françaises ont pour défaut de ne pas avoir, encore une fois, pris la mesure du rapport investissement stratégique / bénéfice long terme. Il est pourtant simple d’investir dans de bonnes pratiques, dans des procédures fiables, de les faire appliquer, mesurer leur efficacité et les aménager pour augmenter leur portée ! En gestion de projet le Standish Group nous apprend dans son étude « Chaos Study » que les projets au niveau mondial dépassent en moyenne leur budget de 43%. Voila, l’investissement annuel que pourrait faire une entreprise (enlevons une petite marge de sécurité parce que même avec un PMO il y a toujours des surprises). Or dans les PMO que je côtoie je constate que :
  • Les intervenants ont peu d’expérience en gestion de projet et beaucoup sont des juniors qui cherchent une première approche de l’activité projet
  • Les référentiels n’existent que rarement, et souvent à des fins de certification affichable face au client qu’il soit interne ou externe, quasiment jamais pour unifier les pratiques
  • La visibilité et le partage de pratiques sont dépréciés par le pré carré et l’individualisme politique de chaque petit chef (c’est mon truc, ça fait 20 ans que je fais comme ça, c’est mon avancement…)
  • L’intervention du PMO n’apporte pas de valeur ajoutée et se contente d’être comptable (respect du budget et des délais) ; pas de retour d’expérience, peu d’analyse et de recherche d’amélioration ; du pilotage au rétroviseur !
L’investissement premier c’est la compréhension de ce que peut amener un PMO :
  • Une assurance qu’une méthode est appliquée rationnellement, de manière unifiée dans l’entreprise,
  • Ensuite, une analyse fiable et cohérente du portefeuille projet (délais, qualité, coûts et risques),
  • Puis une vigilance par rapport à la stratégie d’entreprise : les délais, les coûts, le périmètre sont-ils toujours dans la norme fixée ?
  • Enfin, une amélioration constante des pratiques, de la sécurisation du taux de succès.
Dans ce que peut amener un PMO il n’y a jamais le flicage et la dénonciation. Dans un PMO on se doit de penser maîtrise, support, valeur ajouté au service de la stratégie et des projets. Le vrai PMO se construit à la Deming : Plan Do Act Check, une élaboration itérative de la performance et de la maitrise. Buts recherchés d’une organisation institutionnalisant le PMO :
  1. Modèle de gouvernance et processus définis : 44%
  2. Alignement stratégique (projet/entreprise) : 32%
  3. Utilisation des métriques pour l’amélioration et la croissance : 14%
  4. Accroissement de la performance de l’équipe : 11%
Le second investissement c’est l’homme, la compétence. Pour surveiller un projet il suffit d’être espion, délateur, calculateur. Pour maitriser un projet et aider à son succès il faut avoir vécu le projet, ses ambiguïtés, ses difficultés, la psychologie inhérente. Il faut savoir partir de rien, se référer à des analyses, à des exemples, tester, revenir en arrière et recommencer. J’irai même plus loin : contourner les règles établies pour s’assurer le succès et faire parvenir à les transformer pour améliorer l’avenir. Seules des ressources formées, conscientes, sachantes, expérimentées peuvent tirer les projets vers le haut et conférer au PMO une activité à valeur ajouté. Vous avez fait un peu de Java à l’école ? Est-ce que pour autant vous êtes intervenus en expertise sur un code dans ce langage ? A 99% non ! Vous avez d’abord « pissé du code », transpiré sur votre environnement de développement, acquis des réflexes et affronté des difficultés ! En gestion de projet c’est pareil ! Il ne faut pas maitriser que la gestion (i.e. les chiffres), mais aussi le mode projet. Et là c’est l’expérience qui compte. Un project Management Officer ne peut aider à l’atteinte de la stratégie que s’il la comprend, s’il sait la modéliser en actions avec les chefs de projet. Mais il doit aussi comprendre le mode de fonctionnement psychologique du chef de projet : gagner coute que coute le succès du projet et ne pas hésiter sur les moyens à mettre en œuvre, préserver ses ressources… Le troisième investissement c’est l’outillage. Un bon PMO, après être rentré dans ses critères de bénéfices doit s’améliorer, faire de la qualité. A la façon de CMMI comme l’a montré aux Entretiens 2007 de PMI une intervenante : une montée en qualité itérative, par brique. Il n’est pas utile d’investir dans l’outillage au début. Ce qui doit être rodé ce sont les processus, le système d’information (au sens partage de l’information). L’outillage c’est dans un second temps, pour automatiser les processus. Un processus doit être unique et accepté par tous. Par exemple l’un des PMO que j’ai connu avait un cycle de planification commun à tous les projets : Une macro-planification, basée sur des méthodes d’estimation gravées dans le marbre et des modèles de plannings, un affinage du périmètre-charges-délais à horizon 3 mois, une ré-évaluation à mi année. Même processus pour tous, identicité des pratiques, des outils et des modèles, d’où une compréhension générale, un arbitrage facilité, un maitrise du portefeuille. Ce troisième investissement est au gout du jour : qui ne parle pas de Clarity (système global de gestion de projet successeur de Niku) ? de EPM (Enterprise Project Management ? de PS-Next ? Ces systèmes, appelés SRM (pour Services Relationship Management) sont les équivalents des ERP pour gérer les projets dans l’alignement stratégique de l’entreprise. Et cette dimension globalisante, cette volonté d’aller de la stratégie du Top Management à la gestion d’un projet est clairement affichée par les noms même de ces produits : Clarity (visibilité), Enterprise (le projet n’est plus un monde à part dans l’organisation), Next (transversalité). Les deux premiers investissements sont pourtant prioritaires. Autant qu’une phase de conception dans un développement logiciel. Avant la course à l’outil, c’est la course à l’organisation qu’il faut gagner. Et celle-ci coûte plus cher, bouleverse les habitudes et les cultures professionnelles, provoque donc plus de résistance et de difficulté, mais est un préalable nécessaire ! Car pourquoi utiliser un outil, et comment bien l’utiliser, si on ne sait pas à quelle fin on l’utilise ? C’est pourtant ce que l’on rencontre bien souvent sur notre marché national. Et sur ce thème là c’est nous, consultants, prêcheurs de bonnes pratiques, qui avons un rôle éducatif à jouer auprès de nos clients. Pierre-Alexandre http://www.pmi-fridf.org/ http://pmfrance.free.fr/